L’hormonothérapie

Généralités

L’hormonothérapie est l’une des stratégies thérapeutiques dans la prise en charge du cancer. En effet, certains cancers (sein, prostate) sont dits « sensibles aux hormones » (hormonosensibles ou hormonodépendants). Les hormones produites par l’organisme (estrogènes, progestérone ou testostérone) facilitent le développement des cellules cancéreuses. Ainsi l’objectif de l’hormonothérapie est de bloquer l’action de ces hormones et de limiter la croissance des cellules cancéreuses. Ce traitement est généralement prescrit pour une durée minimale de 5 ans en cas de cancer du sein et de 3 ans en cas de cancer de la prostate.

Cependant, comme pour tout traitement, des effets indésirables peuvent être à l’origine de la douleur et survenir dès l’instauration de l’hormonothérapie. Certains peuvent persister même après la fin du traitement, et parmi eux, les douleurs sont courantes. Ces douleurs peuvent varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment le type de cancer traité, le type d’hormonothérapie utilisé et les caractéristiques individuelles du patient (âge, état de santé général, sensibilité à la douleur …).

Les principales douleurs après un traitement par hormonothérapie peuvent être :

  • Des douleurs articulaires et musculaires : souvent ressenties sous forme de raideurs matinales, de crampes musculaires ou de syndromes du canal carpien.
  • Des douleurs osseuses : dues à une perte de densité osseuse chez certains patients.
  • Des douleurs abdominales : causées par les changements hormonaux affectant le système digestif.
  • Des douleurs pelviennes : observées chez les patientes traitées pour un cancer gynécologique.

A noter que d’autres effets indésirables tels que des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, des changements d’humeurs vont altérer la qualité de vie et vont contribuer à renforcer le ressenti de la douleur.

Prévention & prise en charge​

Il est essentiel de pratiquer une activité physique, à la fois pour réduire la fatigue et les douleurs articulaires et musculaires, et maintenir un « poids de santé ». En effet, l’hormonothérapie entraîne une perte de la masse musculaire et des modifications dans la distribution de la masse graisseuse.

Pour prévenir les douleurs osseuses et le risque d’ostéoporose, l’équipe médicale pourra réaliser une ostéodensitométrie (examen mesurant la densité des os). Si nécessaire, des suppléments vitaminiques comme la vitamine D et le calcium seront prescrits.

Si les douleurs deviennent trop contraignantes, il est recommandé au patient de faire le point avec l’équipe médicale, qui pourra éventuellement orienter vers un rhumatologue (médecin spécialisé dans le traitement des maladies des articulations, des os, des muscles et des tendons).

Traitement​

 Pour les douleurs légères à modérées, des médicaments antalgiques comme le paracétamol ou les anti-inflammatoires peuvent aider à soulager les symptômes. En revanche, lorsque les douleurs sont plus sévères et entraînent des répercussions significatives sur la qualité de vie du patient, des antalgiques opioïdes peuvent être envisagés, mais leur utilisation doit être soigneusement surveillée en raison du risque de dépendance et d’effets indésirables.

En cas de douleurs inflammatoires, par exemple l’arthrite ou les douleurs musculosquelettiques, les corticoïdes peuvent être prescrits pour réduire l’inflammation et soulager la douleur. Cependant, il est important de limiter leur utilisation à une courte durée. 

Des séances de kinésithérapie peuvent être recommandées dans le but de réduire les douleurs en renforçant les muscles et en corrigeant les mauvaises postures.

Les approches non médicamenteuses, encore appelées thérapies complémentaires,  peuvent également être utilisées dans le cadre d’une prise en charge globale des symptômes douloureux.

Conseils à donner aux patients :

  • Exprimer la douleur : le patient est encouragé à parler de ses douleurs et de ses inconforts avec l’équipe médicale. Cette communication ouverte permet aux professionnels de santé de mieux comprendre la nature et la gravité des douleurs, ce qui facilite la recommandation des meilleures options de traitement. Ce conseil est également valable pour les patients qui suivent d’autres types de traitement, comme par exemple la chimiothérapie.
  • Suivre les recommandations médicales : les patients doivent suivre attentivement les recommandations médicales, y compris la prise régulière du ou des traitements prescrits, la participation aux séances de kinésithérapie ou de réadaptation, ainsi que les rendez-vous de suivi avec l’équipe médicale.
  • Prendre soin de sa santé mentale et de sa santé physique : il est crucial pour les patients de prendre soin de leur santé mentale par la méditation, la respiration profonde, le yoga voire en consultant un psychologue si nécessaire. De plus, maintenir une activité physique régulière et adaptée à leurs capacités, avoir une alimentation équilibrée et s’assurer une hydratation suffisante contribuent également à leur bien-être.